Le chant de l’âme de la Terre par Alain Rech

27 novembre 2020 par , Pas de commentaire
Le chant de l’âme de la Terre par Alain Rech

Le Chant de l’Âme de la Terre

Hé, toi l’humain ! Où es-tu ?

Sens le ventre de la Terre qui gronde, s’ébroue et fait trembler le sol sous tes pieds. Sens aussi le souffle humide de l’air chaud en fête  et le frissonnement des feuilles languissantes.

Vois le jet fulgurant des eaux pures et limpides qui s’échappent de ses entrailles pour dévaler, avec avidité et grand bruit, la croûte rocailleuse des hautes montagnes immobiles ?

Observe ces eaux tumultueuses qui, chevauchent la crête acérée des rochers saillants et, patiemment, sans relâche, polissent leurs dents acérées afin d’épargner la texture veloutée de son eau soyeuse.

Regarde comment ses tourbillons fougueux entraînent l’écume mousseuse de tes rages liberticides afin de les vider de leur ciguë mortifère.

Ressent combien s’ancrent les tourments de tes résistances dans les remous de ses eaux claires qui te tirent vers l’obscurité de ses bas-fonds.

Hé, toi l’humain ! Que fais-tu là ?

Contemple ces eaux fougueuses, intrépides, agiles, ce sang nourricier de la Terre, se faufiler en sautant d’une rive à l’autre afin de franchir les lacets, parfois bien rétrécis, qui sillonnent la roche fendue.

Perçois cette Eau de Vie qui s’élance sans retenue vers l’abîme des gorges profondes qui pourfendent et lacèrent les failles rigides de la roche luisante.

Soudain, attirée par un vide mystérieux, jouant à « saute moutons », ces eaux impétueuses bondissent et rebondissent de cascades en cascades sur les marches saillantes de l’escalier monumental creusé à flanc de montagne, tout en déclamant à voix forte les alexandrins des strophes bien rythmées d’un poème enchanteur.

Ressentant plus fort encore l’appel de l’Âme de la Terre, l’Eau, source de l’essence de toute existence, expression et manifestation, retrouve la magie du songe qui l’emporte vers sa destinée ultime.

Entraînée par la gravité, les eaux ballotées s’engouffrent alors à vive allure dans un chenal qui les encastre dans un goulot banché plus étroit, créant parfois un brutal désordre  refoulant ainsi les eaux pressées.

Mais leur course folle reprend de plus belle car la libération est maintenant toute proche. Les eaux avides se trouvent propulsées au seuil d’une falaise abrupte. Un vide vertigineux les aspire violemment sans attente. Avec élégance elles basculent dans le bruit assourdissant des cuivres, cymbales et tambours euphoriques de l’orchestre qui enflamment le final triomphal d’une symphonie pastorale.

En bas, le ventre de la Terre s’ouvre à nouveau tout grand pour accueillir et offrir à ces eaux bouleversées un havre de paix et de tendresse.

Hé, toi l’humain, où vas-tu si vite ?

Au sein de ce lac naturel si convivial, les eaux exténuées s’étendent, s’étirent, se délassent et s’abandonnent dans le bain moussant de leurs écumes fringantes. Espiègles, elles jouent en déclinant les notes mélodieuses de leurs joyeux clapotis imitant les rires enfantins.

Après quelques volutes tourbillonnées, saluant ainsi les eaux convalescentes restantes, les eaux, apaisées par leur douillet repos, se laissent emporter par la douceur d’un courant serein. Sans aucun empressement, elles glissent le long des méandres capricieux de l’abondante vallée fleurie.

Par un vouloir effronté, savant et généreux, débordant avec insolence leur lit assigné, les eaux sages déposent leurs alluvions fertiles sur les rives gourmandes de cette majestueuse rivière, fécondant ainsi toute la vallée.

Plus son lit s’élargit et plus les eaux enjouées se prélassent et contemplent les paysages rupestres aux couleurs chamarrées étincelantes sous le radieux soleil.

Les berges sauvages, garnies, de part et d’autre, d’une colonie de plumets colorés, protégeant l’intime couche, s’éloignent de plus en plus du cœur du fleuve dont les eaux luisent sans le moindre frisson. La lune s’y reflète à satiété sans l’ombre d’une quelconque ombre masquée.

Sentant proche la fin du songe le temps d’une nuit d’été  et le terme de son voyage solitaire, l’Eau, dans sa majesté glorieuse, retrouve alors l’ultime harmonie de son Âme en s’unissant à l’océan pacifique de l’Âme cosmique.

Hé, Toi l’humain !

Ressens-tu maintenant les vibrations subtiles de l’Eau qui, avec bonté, irriguent  de son sang les sols de la Terre comme le Sang de la Vie qui coule ardemment dans les veines de ton corps ?

 Hé, Toi l’humain ! N’oublie pas et souviens-toi…

« Rien ni personne ne peut altérer l’intégrité de ton Âme, ni porter atteinte à la souveraineté de ton Être, car de toute éternité tu es  « Libre et Illimité ».

Le 27 Novembre 2020

Dans la joie d’être

Alain

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