Si c’est légal, c’est moral, hein biloute ? Par Yoann Vidor

29 août 2018 par , Pas de commentaire
Si c’est légal, c’est moral, hein biloute ? Par Yoann Vidor

SI C’EST LÉGAL, C’EST MORAL, HEIN BILOUTE ? 

par · Publié 1 avril 2018 · Mis à jour 1 avril 2018

 

Parmi les mille et un sujets de l’actualité, on assiste au grand retour quasi « messianique » d’une valeur longtemps dénigrée, jugée ringarde voire complètement « réac’ », j’ai nommé… La morale !

Si c'est légal, c'est moral, hein biloute ? Par Yoann Vidor clint-eastwood-tv-starsMai 68 : la fin du vieux monde ?

Soyons chauvins, restons en France. Il y a 50 ans, toutes les tendances libertaires faisaient voler en éclat le cadre « moral » hérité des nos anciens, dans une révolution moderne des mœurs.

Mai 68 : en finir avec le Général (la figure du Père), en finir avec l’interdit, en finir avec la morale et les institutions, tout ça au nom de la libération des désirs et de l’épanouissement des individus.

Finir la morale, au nom du désir !

La morale : c’est réac’ ! On ne veut plus subir les lois castratrices, on veut s’exprimer librement et par tous les moyens possibles.

Quand les désirs dominent, c’est la personnalité qui dirige la conduite de l’homme. Et comment s’y prend-t-elle ? En suivant les quatre volontés de ses désirs : où je veux, comme je veux, quand je veux, avec qui je veux (et je ne parle pas uniquement de sexe !)

M’en fous !

Si l’on suit cette logique, on comprend que depuis un demi-siècle, la France a suivi une voie structurelle, administrative et économique reposant sur le mode du désir : « m’en fous ! Je le ferais quand même » et que toutes les sphères du pouvoir ont cultivé cette terre aride de l’égoïsme.

« oh, c’est bon, c’est pas si grave… »

Conséquence : ce qui était immoral est devenu normal. Et très vite, l’intelligentsia a su bidouiller des lois a son avantage faisant de l’immoralité une règle. Comme ça, pas vu, pas pris et on s’arrange avec les copains.

Depuis que « Asservir » (lire l’article) n’est plus légalement autorisé en France (ni dans le monde, quoi que…), les oligarques de tout acabit se sont largement adonnés au sport national qui est « Se Servir », ou comment s’arranger avec sa conscience tout en se graissant au passage.

Ils ont habilement fait voter des lois permettant aux nantis de garder leurs biens et richesses (tout en prônant la restriction et en fustigeant la gabegie de l’État ! Forts les mecs), offert à des « hors la loi » politiques des passerelles pour contourner la case prison (les Balkany, si vous nous écoutez…), distribué généreusement des emplois fictifs aux épouses et aux enfants, etc. Et on est encore très très loin du compte…

Moralité vs légalité : un (minuscule) florilège des affaires qui illustrent la problématique !

1. Moi, coupable ? Mais j’ai le droit, c’est légal !

Ah, François… Fillon… Le chevalier blanc de la présidentielle, finalement éclaboussé, plongé dans le bitume et les plumes, lui, l’oie blanche innocente déclarant : « je n’ai pas enfreint la loi… ».

fillon

Aïe, aïe, François… Les temps ont changé, mais pas toi ! Nous servir le refrain de la pauvre victime innocente.

Peut-être qu’aujourd’hui, il s’en mord les doigts…

 

 

2. « Je ne suis pas au-dessus des lois, mais je ne suis pas en-dessous non plus » !Sarkozy-grimac%CC%A7ant-de-cole%CC%80re-contenu

Autre beau plaidoyer de notre winner, Nicolas S., en faveur des droits inaliénables de l’individu à jouer sur les mots (et à enfumer son monde).

Comme je vois que vous éprouvez quelques difficultés à situer sur l’échelle de la mauvaise foi cette ligne de défense, je vais vous aider à traduire. Branchez le décodeur :

 » Dites donc, j’vais vous dire Monsieur : moi les lois, j’ les connais. Jusqu’à preuve du contraire, je suis avocat ! Et on ne me la fait pas, à moi. C’est compris ?  »

Ah, Sarko… qui croyait être au-dessus de tout soupçon et en dessous des radars… Si toutes ses manœuvres sont légales, il n’a donc aucun souci à se faire ?

Savoureux n’est-ce pas, quand on se rappelle les propos de l’ancien président sur sa volonté de liquider l’héritage de Mai 68 (« Dans cette élection, il s’agit de savoir si l’héritage de mai 68 doit être perpétué ou s’il doit être liquidé une bonne fois pour toutes », en 2007) ! On dirait bien qu’il va commencer par liquider sa propre carrière –karma, karma, quand tu nous tiens la main…

3. J’ai fait de la zon-zon, j’ai demandé pardon : j’ai payé ma dette et j’ai des droits (comme tout le monde) !

Dans un registre plus brutal, plus noir aussi…

Bertrant Cantat, on aime ou on n’aime pas, là n’est pas la question. On se rappelle l’épisode de la lettre ouverte au PDG de Vivendi Universal, lors des victoires de la musique en 2002, et on se disait :   » Bravo ! Quel culot de s’élever contre le Goliath de l’industrie. Belle preuve d’intégrité, le mec !  »

Et puis patatra, bas les masques : le meurtre, le scandale, l’affaire, la prison, la libération, le retour dans les médias…
Sauf que là, ça ne passe plus du tout. #MeToo est passé par là et à l’heure du  » trop, c’est trop « , on n’accepte plus de donner une tribune aux bourreaux.Cantat

Alors oui, légalement, « l’artiste » peut encore paraître publiquement et diffuser ses messages en chanson. Mais moralement, l’homme a perdu toute légitimité et crédibilité à incarner la figure de l’artiste (l’être qui inspire et élève l’âme).

Bertrand « quand t’as » fait le mal, il faut se faire (tout) petit…

Et si « l’âme-orale » était la nouvelle voix de la morale ?

Nous sommes entrés brutalement dans l’ère de la moralité, par une libération de la parole, comme si le silence ne pouvait plus être contenu. Et cette odeur nauséabonde du désir dépassé, outrancier, qui a bafoué pendant des décennies l’intégrité de l’âme, en faisant croire que jouir de tout (et de tous) était plus « fun » que de pratiquer les justes relations, avec élégance et respect de l’autre.

Aurait-on peur de s’ennuyer si la vie était simple ? Évidemment, c’est tellement plus « fun » de manipuler, violenter, déchirer que de bâtir du Beau, du Bien, du Vrai…

Aujourd’hui, la moralité fait peau neuve en se parant non plus des médailles de la légalité, mais en réinjectant dans le cœur et les consciences la lumière de l’âme.

Qu’on se le dise : rien ne sera plus comme avant. Et tant mieux !

Yoann Vidor

Partager

0
14
0
1
0

 

Laisser un commentaire

Pierre ARMENGAUD - Régine R... |
gregorjonc |
toutstar |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Firmennetzwerk
| nyotayamsanii
| twitocce